Comme à l’habitude, il y a des statues. Des statues et des corps. Des corps qui pourraient s’essayer à être des statues. Comme d’habitude il y a des filles. Mais pas seulement. Simplement, comme à l’habitude, les filles ont une façon bien à elles, faussement distanciée, insolente, de présenter leur corps pour qu’il devienne image. Sourires, complicité, comme à l’habitude. Pas de modèle. Tout cela en ville. Mais ce n’est pas tout à fait comme à l’habitude parce que dans cette ville il y a des oiseaux. De grands oiseaux marins. Ville port dans laquelle les statues et les corps, les reflets, les images, les autoportraits sont toujours en partance. Valparaiso. Images et imaginaire.

            Cela semble un peu comme à l’habitude, mais ce n’est pas comme d’habitude. Sur le socle des statues des mots tracés rageusement à la peinture disent l’urgence. Disent que ce n’est plus possible. Que la ville n’est plus comme à son habitude. D’habitude il n’y a pas cette violence, évidente et sourde. Le sang. Les sangs. En un instant des mondes se rencontrent, chaloupent, basculent. Le décalage subtil de deux images se confronte au décalage violent entre des mondes.  Ce n’est plus comme d’habitude, si ce n’est qu’il y a toujours, par nécessité, des photographies. Oui, comme à l‘habitude.

 

Christian Caujolle

 

 

Como de costumbre, hay estatuas. Estatuas y cuerpos. Cuerpos que podrían intentar ser estatuas. Como de costumbre hay chiquillas. Pero no solo eso. Simplemente, como de costumbre, las chiquillas tienen una manera muy propia, con un falso distanciamiento, insolente, de presentar su cuerpo para que se vuelva imagen. Sonrisas, complicidad, como de costumbre. Sin modelo. Todo esto en la ciudad. Pero no es realmente como de costumbre porque en esta ciudad hay aves. Grandes aves marinas. Ciudad puerto en la que las estatuas y los cuerpos, los reflejos, las imágenes, los autorretratos, siempre están por partir. Valparaíso. Imágenes e imaginario.

            Se parece un poco a lo de costumbre, pero no es como de costumbre. En los pedestales de las estatuas, unas palabras enrabiadas rayadas con pintura dicen la urgencia. Dicen que ya no puede ser. Que la ciudad ya no es como de costumbre. De costumbre no hay esta violencia, evidente y sorda. La sangre. Las sangres. Mundos que se encuentran, se bambolean, se caen, en un instante. El sutil desfase de dos imágenes se enfrenta al desfase violento entre mundos. Ya no es como de costumbre, salvo que sigue habiendo, por necesidad, fotografías. Sí, como de costumbre.

 

Christian Caujolle

Comme à l’habitude, il y a des statues. Des statues et des corps. Des corps qui pourraient s’essayer à être des statues. Comme d’habitude il y a des filles. Mais pas seulement. Simplement, comme à l’habitude, les filles ont une façon bien à elles, faussement distanciée, insolente, de présenter leur corps pour qu’il devienne image. Sourires, complicité, comme à l’habitude. Pas de modèle. Tout cela en ville. Mais ce n’est pas tout à fait comme à l’habitude parce que dans cette ville il y a des oiseaux. De grands oiseaux marins. Ville port dans laquelle les statues et les corps, les reflets, les images, les autoportraits sont toujours en partance. Valparaiso. Images et imaginaire.

            Cela semble un peu comme à l’habitude, mais ce n’est pas comme d’habitude. Sur le socle des statues des mots tracés rageusement à la peinture disent l’urgence. Disent que ce n’est plus possible. Que la ville n’est plus comme à son habitude. D’habitude il n’y a pas cette violence, évidente et sourde. Le sang. Les sangs. En un instant des mondes se rencontrent, chaloupent, basculent. Le décalage subtil de deux images se confronte au décalage violent entre des mondes.  Ce n’est plus comme d’habitude, si ce n’est qu’il y a toujours, par nécessité, des photographies. Oui, comme à l‘habitude.

 

Christian Caujolle

 

 

Como de costumbre, hay estatuas. Estatuas y cuerpos. Cuerpos que podrían intentar ser estatuas. Como de costumbre hay chiquillas. Pero no solo eso. Simplemente, como de costumbre, las chiquillas tienen una manera muy propia, con un falso distanciamiento, insolente, de presentar su cuerpo para que se vuelva imagen. Sonrisas, complicidad, como de costumbre. Sin modelo. Todo esto en la ciudad. Pero no es realmente como de costumbre porque en esta ciudad hay aves. Grandes aves marinas. Ciudad puerto en la que las estatuas y los cuerpos, los reflejos, las imágenes, los autorretratos, siempre están por partir. Valparaíso. Imágenes e imaginario.

            Se parece un poco a lo de costumbre, pero no es como de costumbre. En los pedestales de las estatuas, unas palabras enrabiadas rayadas con pintura dicen la urgencia. Dicen que ya no puede ser. Que la ciudad ya no es como de costumbre. De costumbre no hay esta violencia, evidente y sorda. La sangre. Las sangres. Mundos que se encuentran, se bambolean, se caen, en un instante. El sutil desfase de dos imágenes se enfrenta al desfase violento entre mundos. Ya no es como de costumbre, salvo que sigue habiendo, por necesidad, fotografías. Sí, como de costumbre.

 

Christian Caujolle

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